Le poulet à bas prix est le plus consommé en France, notamment dans les plats préparés (nuggets, saucisses, cordons bleus…). Pour proposer du poulet à moins de 3€/kg, la manière de l’élever est rationalisée à l’extrême. Mais est-ce sans risques ? En bout de chaîne, ces traitements mettent-ils en péril notre santé ? 

COMMENT PROPOSER DU POULET À MOINS DE 3€/KG ?

Le poulet industriel est issu de croisements génétiques réalisés par l’INRA depuis les années 50-60. Le but était d’obtenir un meilleur rendement, avec notamment des poulets qui grandissent beaucoup plus vite que les autres races et qui sont, à terme, plus imposants, donc plus fournis en viande.

Leur nourriture est essentiellement composée d’OGM (blé, maïs, soja). Les chercheurs tentent néanmoins de leur faire avaler du colza, un autre OGM, moins cher, mais qui ne leur est normalement pas destiné. Quand on connait le principe de la chaine alimentaire, on comprend l’ampleur de la problématique…

Ces volailles grandissent à plusieurs dizaines de milliers dans des espaces très restreints sans jamais voir la lumière du jour. Au bout de 35 jours de vie en moyenne, ils sont ramassés par machine et jetés dans des caisses par lot de 30. La violence du procédé entraîne souvent des pattes et des ailes cassées.

Cette promiscuité, associée à un manque d’hygiène évident (excréments, sédentarité extrême, insectes, faiblesse du système immunitaire…) provoquent des infections à répétition. La mortalité est élevée : jusqu’à plus de 250 décès par jour.

Pour les soigner, les éleveurs utilisent des quantités massives d’antibiotiques, qui ne sont plus utilisés seulement pour traiter les infections mais en prévention systématique. Certains vont même jusqu’à se fournir en Espagne où ils ont accès à des produits très puissants sans aucune ordonnance, contrôles ou traces.

À force, les bactéries traitées développement une résistance aux antibiotiques. Ces bactéries, devenues antibio-résistantes, peuvent alors nous contaminer à notre tour. Chaque année, ces bactéries tuent plus de 1500 personnes par an, rien qu’en Europe.

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