Un jour, dans la foule venue l’écouter, se trouvait un homme que la sainteté de Bouddha exaspérait. Il hurla des insultes à Bouddha puis s’en alla, fulminant de colère. Longeant les rizières du village, sa colère s’apaisa et petit à petit, un profond sentiment de honte l’envahit. Comment avait-t-il pu se comporter ainsi ? Il décida alors de revenir au village et de demander pardon à Bouddha.
Arrivant devant ce dernier, il se prosterna et demanda pardon pour la violence de ses propos. Bouddha, débordant de compassion, le releva, lui expliquant qu’il n’y avait rien à pardonner. Etonné, l’homme lui rappela les injures proférées :

« Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas usage ou que vous ne voulez pas ? demanda Bouddha.
– Et bien, je ne le prends simplement pas, remarqua l’homme.
– Que fait alors le donateur ? s’enquit Bouddha.
– Ma foi, il garde son objet, répondit l’homme.
– C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre dit le sage. »

DANS LA VIE IL N’Y A QUE DEUX QUESTIONS À SE POSER

On est trop souvent tentés de répondre à la violence par la violence, oeil pour oeil, dent pour dent. Mais est-ce vraiment la bonne solution ? « Bon » étant un terme relatif, disons plutôt, est-ce une solution qui fonctionne ? Dans la vie, si vous êtes confrontés à une situation à laquelle vous ne savez pas comment réagir, posez-vous deux questions. La première, qu’est-ce que ferait l’Amour ? C’est-à-dire, dans votre cas précis, comment le meilleur de vous-mêmes, le niveau le plus élevé de Qui vous êtes, réagirait à cet instant ? Si vous ne trouvez pas la réponse ou que celle-ci ne vous semble pas envisageable, posez-vous alors la seconde question. Si tout le monde agissait comme j’entends le faire, cela fonctionnerait-il ?

La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est momentanée. MAHATMA GANDHI

« Il a tué mon frère alors je tue le sien » dit le premier homme. « Oui mais ce frère que tu as tué était mon ami, je te prends donc un des tiens » répond un deuxième. « Sauf que cet ami était mon père, tu mérites que je te prive du tien » dit un troisième… Inutile d’aller très loin dans cette logique pour se rendre compte qu’à grande échelle, cette stratégie ne tient pas la route. Parfois, ne rien dire ou ne rien faire demande bien plus de force et de courage que de céder à ses instincts primitifs. L’Homme fort n’est alors pas toujours celui que l’on croit et le sacrifice, pas toujours là où on le pense.

PARDONNER EST L’ACTE DES HOMMES DE COURAGE

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Il est souvent communément admis dans notre société que le pardon est l’acte des faibles. Que seul un Homme, un vrai, a assez de courage pour répondre avec force et écraser son ennemi d’une main. Les actes de vengeance vont même jusqu’à faire souffrir les proches autant si ce n’est plus que l’autre ne l’a fait. Pourtant je vous le dis, la vengeance est l’acte des faibles, le pardon celui des courageux. La vengeance soulage le corps, parfois l’esprit. Le pardon soulage l’âme. Il est salutaire et salvateur.

Il n’y a rien de louable, de respectable ou ni même de courageux dans le fait de faire subir aux autres ce que les autres nous ont fait subir. Est-ce courageux de répéter une bêtise ? La vraie force et le réel courage se trouvent dans le recul des choses. Réagiriez-vous différemment à chaud et à froid ? Oui, probablement. Prenez de la hauteur. Entrainez-vous à réagir à chaud comme vous le feriez à froid. Et pardonnez. Pardonnez à ceux qui vous ont offensés. Car il n’y a ni gentils ni méchants, seulement une troupe d’excellents comédiens dans un décor à taille universelle.

Maintenant que vous savez comment l’Univers fonctionne : la loi d’attraction, la loi de cause à effet, la raison de notre venue sur Terre, le fait que nous ne fassions tous qu’Un… Ferez-vous les mêmes choix ? Verrez-vous les mêmes choses ? Lorsque vous passerez à côté d’un type étendu sur le trottoir, débraillé, mal rasé, en train de vider une bouteille de vin, verrez-vous en lui un « voyou des rues » ou un « saint des trottoirs » ? Lorsque votre employeur vous écrira que vous avez été victime d’une « réduction d’effectifs », y verrez-vous un « horrible désastre » ou une « merveilleuse occasion » ? Et devant un reportage télévisé sur un tremblement de terre ou un tsunami qui a fait des milliers de victimes, y verrez-vous là une « calamité » ou le déroulement de la « perfection » ? Tout est question de perception, de point de vue.

QUE BOUDDHA CHERCHE-T-IL À NOUS RAPPELER ICI ?

La vie est une succession de décisions que nous prenons à partir de deux émotions : l’Amour ou la Peur. Dans la grande majorité des cas et peu importe la situation, les gens réagissent presque toujours à partir de la Peur. Pourquoi ? Parce qu’on leur a enseigné à le faire tout simplement. Il suffit d’observer un nouveau-né pour s’en rendre compte. Un chiot montre-t-il le moindre intérêt pour la méchanceté, la rancune ou la vengeance ? Est-il agressif ? Même enfermé dans une cage, privé de sa mère, maltraité, il n’hésitera pas longtemps à montrer de l’affection en vous léchant les doigts à travers les barreaux.  

L’autre n’a sur nous que le pouvoir qu’on lui accorde. EVEIL ORIENTAL

Bouddha nous montre ici qu’en retournant à des états d’être supérieurs, en retrouvant cet Amour originel qui nous caractérise tous, il n’y a plus lieu de réagir à ce genre d’agression. Elle ne nous touche plus. Elle glisse sur nous comme le fait la pluie. On devient alors étanche à tout ce qui est construit et basé sur la Peur. Car l’Amour n’a pas d’égal, pas de rival. Si vous vous entrainez à réfléchir, à répondre et à réagir à partir de l’Amour, alors il dominera vos actions et vos réactions.
On dit que l’indifférence est le pire des mépris, pire encore que la haine. C’est tout simplement parce qu’elle ramène l’autre à lui-même, à Qui il est à cet instant et à ce qu’il projète. Privez votre agresseur de votre souffrance et il se retrouvera avec la sienne. C’est vous qui décidez quelle importance vous donnez à la situation.

Et vous qu’en pensez-vous ?

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