Que nous les voyions ou non, que nous le voulions ou non, des liens d’attachement se tissent continuellement entre nous et le reste du monde. Si nous pouvions voir cette toile invisible qui relie chaque être à un autre, nous saurions surpris par sa complexité. Voici les raisons qui peuvent nous pousser à nous attacher à l’autre.

LES PREMIERS LIENS D’ATTACHEMENT

Un jeune enfant a besoin, pour connaître une croissance sociale et émotionnelle normale, de développer une relation d’attachement avec au moins une personne qui répond à sa demande d’interaction sociale en prenant soin de lui de façon cohérente et continue. La qualité de l’engagement prime sur la quantité de temps passé.

Ainsi, la mère biologique est habituellement la principale figure d’attachement, mais ce rôle peut tout à fait être tenu par une personne adoptant un comportement “maternel” cohérent et constant sur une période de temps suffisante. L’enfant exprime avant tout un besoin de sécurité.

Certains enfants dirigent leur attachement envers plus d’une figure aussitôt qu’ils commencent à distinguer les différentes personnes qui prennent soin de lui. Ces figures sont hiérarchisées par ordre d’importance. Le but est de toujours maintenir au moins un lien avec une figure d’attachement disponible.

L’attachement est parfois distinct de sa qualité. Ainsi, certains enfants forment des attachements s’il se trouve quelqu’un pour interagir avec eux, même si cette personne est maltraitante. Nous voyons donc que nous tissons des liens dès notre naissance et qu’ils sont d’abord une réponse à un besoin de sécurité.

COMMENT CES LIENS ÉVOLUENT-ILS AU COURS DE L’EXISTENCE ?

Au fil des années, la nature de ces liens évolue et s’adapte aux situations et aux besoins. Les relations à l’origine de ce phénomène sont de différentes natures : familiale, amicale, sentimentale, sexuelle, professionnelle… Ces liens permettent d’échanger rapidement des informations sans avoir pour autant à communiquer verbalement. Au bout d’un certain temps, les mots ne sont plus utiles dans une relation. De la même manière, si l’autre souffre, nous pouvons le ressentir, même séparés par de longues distances.

Cependant, quand nous mettons fin à une relation ou que celle-ci dysfonctionne, les liens subsistent souvent plus longtemps que nécessaire. De ce fait, bien qu’ils soient bénéfiques au départ, lorsque les points de vue des deux êtres évoluent et divergent, ces liens peuvent alors devenir toxiques et mener à l’épuisement ou au contrôle. Ils empêchent chaque entité de retrouver son identité originelle et d’évoluer de nouveau, chacun étant encore attiré par la fusion des deux. C’est valable entre deux personnes mais aussi concernant l’attachement sentimentale à un objet par exemple. Il est alors conseillé de rompre ses liens.

La majorité du temps, les liens créés ne sont pas suffisamment forts et entretenus pour résister dans le temps. Ils “s’évaporent”. Seuls les liens que nous entretenons régulièrement se renforcent et persistent. Chaque relation étant unique, la force qui nous y lie ne dépend que de nous. Nous pouvons ainsi détenir un lien plus fort avec un ami, un animal ou un objet, qu’avec un frère ou une soeur. D’autre part, nous sommes généralement capables de savoir si un lien est fort et s’il est bénéfique ou non.

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