Un concept très répandu dans la société consiste à penser que tous les gens ont la même chance et que chaque personne n’est pas au départ plus désavantagée qu’une autre. Si certaines ne réussissent pas, c’est donc qu’elles ont fait de mauvais choix. Ou bien, qu’elles ne font pas preuve d’assez de combativité et cela leur est directement imputable. Il ne semble pas alors moralement indigne ou inacceptable de ne pas les aider. Vous l’aurez probablement deviné, il s’agit du très célèbre concept du « chacun pour soi » ou encore de « la raison du plus fort ».

La véritable question ce n’est pas de savoir si ce genre de concept est honorable ou politiquement correct. Mais de savoir si cela nous sert d’entretenir cette pensée par rapport à qui nous sommes et ce à quoi nous aspirons. D’entretenir la pensée selon laquelle il faut se battre pour obtenir une chose. Que l’obtention de celle-ci engendre inévitablement un gagnant et un perdant, un vainqueur et un vaincu. D’entretenir la pensée selon laquelle on ne peut gagner sans écraser un plus faible que soi. Qu’on ne peut gagner avec l’autre mais seulement contre, ceci afin de ne surtout partager aucune richesse, aucune récompense.

AVONS-NOUS VRAIMENT TOUS LA MÊME CHANCE AU DÉPART ?

pauvrete-pauvre-pauvres-demunis-demuni-habrit-sans-sdf-clochardCertaines personnes naissent dans le désavantage. C’est un fait. Cependant, au niveau métaphysique, c’est-à-dire au niveau de l’âme, personne ne l’est. En effet, chaque âme crée pour elle les gens et les situations qui lui permettent de réaliser l’expérience de ce qu’elle désire accomplir. Personne n’est alors « désavantagé » du point de vue de l’âme.
Si en tant qu’âme, vous avez le profond désir d’expérimenter la misère humaine et le regard des autres sur cela, vous déciderez peut-être d’incorporer une famille du tiers monde, luttant quotidiennement pour sa survie. Une fois incarné, cette vie pourra alors vous paraître injuste, comparable à une épreuve dénuée de sens. Pourtant, votre âme expérimentera précisément ce qu’elle cherchait à expérimenter et vous n’en serez pas moins heureux.

Nous voyons donc que certaines personnes affrontent vraiment des désavantages au sens physique mais qui sont en réalité d’excellentes conditions au point de vue métaphysique. Il ne faut donc pas toujours blâmer ou empatir les maux de ce monde. L’âme a parfois ses raisons que la raison ignore. Mais alors, si tout est si parfait du point de vue métaphysique de l’âme, est-il judicieux dans ce cas de chercher à lutter contre ce processus vous demanderez-vous ? C’est vrai, on pourrait se poser la question. Pourquoi vouloir aider les pauvres si ceux-ci expérimentent précisément ce qu’ils désirent et que, bien qu’ils affirment le contraire, ne désirent pas inconsciemment être secourus ?

DEVRIONS-NOUS LAISSER LES NECESSITEUX SANS INTERVENIR ?

 Il faut avant tout se demander qui nous sommes et qui nous choisissons d’être en relation avec cela. Qu’est-ce que nous voulons nous et non pas ce que veut l’acte. Nous sommes en effet des créateurs qui créons sans cesse notre réalité et le libre arbitre joue un rôle important dans le processus décisionnel. Il n’y a donc ni obligations, ni interdits. Pas plus qu’il y a de façon particulière de se comporter par rapport à cela, si ce n’est ce que nous décidons de créer en fonction de la situation. Souhaitez-vous être celui qui tend la main, comprend et console ? Ou celui qui tourne le regard, méprise et condamne ?

Prenons soin de nos frères, car nous ne faisons qu’Un. Pas seulement de nos proches, car nous ne faisons qu’Un. Mais de notre aide, de notre compassion, de notre amour, n’attendons rien. Car l’amour sera toujours donné en abondance pour ceux qui le demandent. Et jamais rien ne pourra acheter une parole ou un geste sincère. Car l’amour véritable n’a de prix que l’or ne peut espérer soudoyer. DUALITE

Cela dit, parfois, la meilleure façon d’aimer quelqu’un et la plus grande aide que l’on puisse lui apporter est de le laisser seul ou de lui donner le pouvoir de s’aider lui-même. En effet, le plus grand service que l’on peut rendre à quelqu’un, c’est de lui rappeler Qui il est vraiment. Il faut avant tout voir chacun comme il est vraiment, non comme un infortuné sinon c’est ce qu’il sera. Refuser d’accepter les apparences. Inviter l’autre dans sa pensée la plus élevée, tout en respectant l’espace ou l’autre choisit d’être. Proposer sans imposer. Et si l’autre décide de se voir comme un assisté, ne pas le rejeter à cause de sa mauvaise évaluation mais l’aimer tel qu’il est et l’aider à obtenir ce qu’il veut. N’est-ce pas ce que Dieu fait pour l’Homme depuis la nuit des temps ?

DOIS-ON FORCEMENT EXPERIMENTER LA PAUVRETE POUR LA COMPRENDRE ?

pauvrete-pauvre-pauvres-demunis-demuni-habrit-sans-sdf-clochardParfois, la voie la plus rapide pour certains est celle qui passe par ce qu’ils ne sont pas. C’est pour cette raison que beaucoup expérimentent des phases de vie difficiles telles que l’addiction, l’abandon ou la misère pour ensuite se rendre compte, que ce n’est pas ce qu’ils souhaitent et que cela n’a jamais représenté l’idée qu’ils se faisaient d’eux-mêmes. Même si ces phases ne sont pas parfaites, il ne faut pas les condamner. Cela n’a aucune importance car la vie n’est pas seulement ce qui va de la naissance à la mort sur cette Terre. La vie est éternelle et les expériences infinies. Cette vie n’est qu’un battement de cil à l’échelle universelle. Ne l’oubliez jamais.

Cependant, il est important de souligner qu’il n’est absolument pas obligatoire ni même nécessaire d’expérimenter une situation ou une émotion pour la comprendre. De ce fait, si vous voulez connaître l’exclusion sociale de manière expérimentale, vous n’avez pas forcément à la vivre physiquement. Vous pouvez tout à fait assimiler l’expérience en restant observateur. De la même façon, nous n’avons pas à tuer quelqu’un pour comprendre que le meurtre ne fait pas partie de l’idée la plus grandiose que nous nous faisons de nous-mêmes. Et il en va de même pour tous les autres aspects de la vie.

L’ASSISTANAT EST-IL BENEFIQUE ?

Comme je l’ai déjà précisé dans la page Guérison, chercher à rendre quelqu’un dépendant de Soi revient à vouloir avoir du pouvoir ou à créer sa valeur personnelle par le biais d’un autre. Dans la mesure où on laisse les autres nous rendre responsables d’eux, on leur permet de nous rendre puissants et cela nous fait sentir précieux. Le but est d’aider les faibles à devenir forts et non pas de laisser les faibles s’affaiblir davantage. L’aide c’est du pouvoir. Les gouvernements l’ont bien compris. Beaucoup d’entre eux ne cherchent à aider les nécessiteux qu’en raison de l’aide qu’ils recevront ensuite de par leur soutien.

Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. LAO TSEU

En effet, qui ne réélirait pas un gouvernement qui le soutient financièrement ? Qui, dans son infinie détresse, n’aimerait pas davantage celui qui l’en extirpe un instant ? Le monde actuel et la majorité des gens fonctionnent ainsi. Je ne dis pas qu’il n’est pas bon d’aider les gens. « Bon » est une notion relative. Je dis simplement qu’une parole ou une action ne devrait pas être échangée, monnayée ou conditionnée par le fruit de ce qu’elle pourrait rapporter. Le partage est volontaire et non forcé. Nous sommes tous le gardien de notre frère. Quelqu’un n’a-t-il pas dit un jour : « Aimez-vous les uns les autres ». L’amour à l’état pur est inconditionnel et n’attend rien en retour.

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