L’Alimentation

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Le rôle de l’alimentation est essentiellement de nous apporter tous les éléments nécessaires à la construction, au développement et à l’entretien des cellules de notre corps. Cependant, il n’est évidemment pas exclu de prendre du plaisir à manger, c’est même conseillé. Cela dit, notre alimentation peut être notre meilleure alliée et ravir nos papilles, comme elle peut également devenir notre pire ennemie.

Que ton aliment soit ton seul médicament. HIPPOCRATE

En effet, si elle n’est pas consommée de manière réfléchie, elle peut devenir pour nous un véritable poison, au même titre que l’alcool ou le tabac. Elle peut ainsi nous fournir l’énergie vitale comme la reprendre. Rallonger notre vie comme l’écourter. Nous garder en bonne santé comme nous plonger dans la maladie. N’oubliez jamais que, de la tête aux pieds, l’homme est constitué tout simplement par ce qu’il mange.

CONTEXTE SOCIÉTALE

La mondialisation des dernières décennies a provoqué une course au profit sans précédent dans l’histoire de notre civilisation. Elle a poussé la plupart des marchés à devenir de plus en plus concurrentiels et à devoir s’adapter pour maintenir des profits stables. Pour s’aligner aux nouveaux marchés et à la demande croissante des consommateurs, les cultivateurs et les éleveurs n’ont pas eu d’autres choix que de produire plus, à moindre coût. Cela s’est bien entendu répercuté sur la qualité des produits, leur provenance et leur méthodes de cultures et d’élevage.

alimentation-conditions-elevage-culture-terre-deforestation-abattage-consommation-societe-betail-thon-chaine-alimentaire-fast-foodChacun tente de rejeter la faute sur l’autre. Les consommateurs accusent les producteurs de vouloir augmenter leur profit en rognant sur la qualité de leurs produits. Les producteurs scandent ne pas gagner plus et pointent du doigts les investisseurs. Les actionnaires nient être impliqués et rejettent la faute sur le système. Mais qui à tort et qui a raison ? L’offre ou la demande ? La vraie question n’est pas là.

La question est de savoir quand. Quand tout cela prendra-t-il « faim » ? Peu importe qui a commencé. Les gens qui tirent profit du marché alimentaire ne sont pas les plus nombreux. Ceux qui ont un réel pouvoir de décision, c’est nous, les consommateurs. Vous vous demandez comment les petites gens comme nous pourraient bien interférer sur tout ceci et avoir un quelconque pouvoir d’influence ? La réponse est simple : n‘achetez plus !

L’ALIMENTATION DE NOS ANCÊTRES

Pendant des millions d’années, nous avons été des nomades, cueilleurs et chasseurs. Nous consommions essentiellement de la viande « sauvage », du poisson, des oeufs, du miel, des céréales, des légumes sauvages ainsi que des fruits. On peut donc dire que nous n’avons jamais consommé de maïs, de blé, de sucre raffiné, de lait de vache ni même mangé d’aliments cuits. Au cours du temps, nous avons nous-mêmes créé nos dépendances aux sucres, aux produits industriels raffinés, aux laitages… Ceci a considérablement affaibli notre système immunitaire, nos défenses naturelles et notre espérance de vie.

Il y a 50 ans, nous allions encore chercher nos aliments à la ferme. Les légumes et les fruits étaient cueillis mûrs et consommés sur place. Les vaches mangeaient de l’herbe et les poules picoraient des graines. Même si nous dérivions déjà, un semblant d’harmonie régnait encore. Aujourd’hui, les choses ont bien changées. Notre alimentation est devenue riche en graisses et en sucres, pauvre en nutriments. Elle n’est plus fonction des saisons. Les gens veulent manger des fraises en hiver et des poires en été. Nous importons alors les aliments que nous consommons et nous exportons ceux que nous cultivons.

COMPRENDRE LA CHAÎNE ALIMENTAIRE

Bien que maintes fois exprimée, il est important de revenir sur une notion clé. Nous sommes ce que nous mangeons. Certes. Mais ce que nous mangeons est également Ce qu’il mange. Nous sommes donc ce qui a été mangé par ce que nous mangeons. Prenons quelques exemples pour bien comprendre.

alimentation-conditions-elevage-culture-terre-deforestation-abattage-consommation-societe-betail-thon-chaine-alimentaire-fast-foodLe thon est un infatigable migrateur. Il se nourrit essentiellement de sardines, d’anchois, de sprats, de maquereaux et de méduses. Quand vous mangez cet infatigable et majestueux migrateur dans sa boîte, en réalité vous ne mangez pas que du thon. Vous mangez également ce que le thon a consommé et a emmagasiné dans son organisme. De ce fait, tout dépend la façon dont le thon a vécu, s’est nourri et a été abattu. Ce qui dépend également de la façon dont la mère du thon a vécu et s’est nourrie. Mais cela dépend également de la manière dont ce qu’a mangé le thon a vécu et s’est nourri.

Mais c’est un exemple presque « sympathique ». En effet, le thon a tout de même la chance de vivre une courte vie à l’état sauvage. Il n’emmagasine donc « que » les toxines présentes dans l’eau de mer résultant de l’activité humaine ainsi que celles présentes dans ses congénères au moment de leur ingestion. Cela devient intéressant lorsque nous nous penchons sur le cas du boeuf. Issu d’une mère convertie, il passera toute sa vie à se nourrir de farines animales, d’antibiotiques, d’hormones et de pesticides en tout genre, cela dans un enclos pas plus grand que nos toilettes (je parle pour le commun des mortels). En résulte, une grandiose accumulation de déchets, mal-être et détresse animale en tous genres dans nos délicieux steaks !

LES CONDITIONS D’ÉLEVAGE ET D’ABATTAGE

C’est un facteur crucial. L‘Homme a encore un profond manque de respect envers les animaux et les terres. Ce n’est évidemment pas sans conséquences sur la qualité de la viande et des productions (céréales, légumes, fruits…). La majorité des élevages sont dits « intensifs ». En France, 80% de l’élevage l’est. Le manque évident de traçabilité rend la provenance des bêtes très incertaine. L‘animal n’est plus considéré comme un être vivant et sensible, mais réduit au « produit de consommation ». Les élevages sont hélas d’une rare cruauté et les techniques d’abattage dignes du moyen-âge. La violence qui règne dans les élevages et les abattoirs est tout simplement insoutenable. 

Paradoxalement, la plupart des gens qui mangent de la viande serait incapables de tuer l’animal si quelqu’un ne faisait pas la sale besogne à leur place. De la même manière que les gens ont ignoré le génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre, ils ignorent aujourd’hui celui des espèces animales du monde entier. Ce qui est dérangeant, ce n’est pas tellement de savoir que ça existe, c’est de savoir que tant de gens le cautionnent. Certains y trouvent même parfois un plaisir sadique. J’espère qu’un jour proche arrivera où nous pourrons dire :  » Comment avons-nous pu laisser cela se produire ? »

LES CONDITIONS DE CULTURE DES TERRES

D’autre part et pas la moindre, la déforestation et le réchauffement climatique sont causés en grande partie par l’élevage intensif. Nous coupons des arbres pour élever du bétail. Un même bétail qui trouera la couche d’ozone et causera probablement notre perte à tous. Cela n’est-il pas ironique ? N’est-ce pas là une prodigieuse manière des animaux de se venger de l’Homme ? La culture intensive des terres est également une autre source importante de dégradation de l’écosystème. En voulant produire plus et plus vite, nous oublions un principe élémentaire. Les terres ont besoin de repos. Autrefois, nous laissions reposer la terre entre deux cultures et alternions les productions. Aujourd’hui, tout est utilisé, essoré et jeté.

alimentation-conditions-elevage-culture-terre-deforestation-abattage-consommation-societeLes terres sont bourrées de produits phytosanitaires en tous genres qui rendent non seulement les terres infertiles et les cultures pauvres, mais polluent gracieusement les nappes phréatiques, détruisant nombres d’espèces dont la nôtre, à terme. L’ignorance et la désinformation des producteurs n’y sont pas pour rien. Ils se ruinent eux-mêmes la santé à déverser quantités de ces produits sur leurs cultures. Les légumes et les fruits étant pollués par les pesticides, nous ingérons également quantités de toxines d’origine chimique. Presque plus aucune terre cultivable n’est saine.

QU’EN EST-IL DU RESTE ?

La liste est loin d’être exhaustive (produits laitiers, OGM, additifs…), ce n’est ici qu’un minime aperçu de l’envers de la situation. Mais vous l’aurez compris, le constat est alarmant et peu semblent réellement et profondément s’en soucier. Si vous souhaitez en savoir davantage sur les conditions d’élevages et d’abattage des animaux, ou vous investir voire lutter pour une cause juste, je vous invite à vous rendre sur le site de l’association L214 (https://www.l214.com/). Merci d’ailleurs à eux et aux autres d’exister pour faire ce que d’autres n’ont pas le courage ou la force de faire.

Cette page n’avait pas particulièrement vocation à vous dire quoi manger. Je posterai certainement des articles un peu plus détaillés sur le sujet dans la partie « Blog ». La question est maintenant de savoir non pas si nous arrêterons un jour le massacre, mais quand ? Si vous décidez de ne plus participer à cela, alors la meilleure chose à faire est de consommer moins et mieux. Elevez votre conscience et élevez celles de vos proches. Sensibilisez les gens. Montrez l’exemple. Dites haut et fort qui vous êtes à présent.